Le ministre de l’éducation nationale à Agadir

Portrait de شكري الناجي

L’imposant rassemblement éducatif de tous les coins des régions du sud qu’avait suscité la visite du ministre de l’éducation nationale, Mohamed Louafa, s'était focalisé  sur les nouvelles dispositions des épreuves de passage, mais pareillement sur nombre questions touchant de près le service pédagogique sous toutes ses formes. Sur un ton ferme et persuasif, le responsable gouvernemental déclinait sa nouvelle démarche axée essentiellement sur le respect du temps scolaire et le relèvement des conduites envers l’école publique. «Plus de complaisance, plus de laxisme envers ceux qui passent leur temps à faillir à leur mission et à se dérober devant leur responsabilité », tonnait-il devant l’assistance accrue, en faisant allusion aux enseignants fantômes et aux pseudo-malades.

Cette rencontre qui avait constitué une occasion de faire le point sur les nouveautés contenues dans les nouvelles mesures à prendre en termes d’examen de baccalauréat, a été également une opportunité de faire un tour d’horizon sur les principaux volets de la stratégie de l’éducation nationale. Il est également question de la coopération canadienne avec le projet intitulé Projet d’Appui et de Gestion des Etablissements Scolaires Marocains (PAGESM), visant l’autofinancement des unités scolaires, à partir de projet d’établissement. Au cours de cette cérémonie qui s’est déroulée à l’école Ennahda de Dcheira Jihadia, relevant de la délégation d’Inezgane Ait Melloul, plusieurs projets modèles dans ce sens ont été présentés et exposés dans les galeries montées à cet effet. 

Le passage du ministre sur Agadir s’est aussi effectué sur un fond de toile protestataire. Tout d’abord, une cinquantaine de manifestants des présumées « victimes » du découpage administratif qui avait érigé Sidi Ifni en province, eut jugé bon de se rassembler, slogans levés et pancartes brandies, devant la porte de l’Ecole Nationale de Commerce et de Gestion d’Agadir, lieu de la réunion avec le ministre. Ensuite, l’appel à la grève, les 21 et 22 mai,  vouée, du reste,  à un échec cuisant, puisque pas plus de 12% en ont fait échos dont une bonne partie ne rejoignait pas la classe pour « savourer » un repos gratuit. Les trois syndicats initiateurs de ce mouvement manqué, s’en sont mordus les doigts, d’autant plus qu’ils espéraient « dresser » le corps enseignant contre le délégué préfectoral d’Agadir Ida Outanane et, partant, décrédibiliser leur vis-à-vis aux yeux du ministre. Mais, peine perdue, car on ne peut indéfiniment évoluer dans les eaux troubles, surtout que, si décrédibilité il y a, c’est bel et bien dans le camp des chahuteurs.

Le ministre s’en est certainement rendu compte, tout d’abord, par le choix inopportun de l‘appel à la grève visant la déstabilisation du programme ministériel, ensuite, par la futilité du mouvement, ne s’appuyant sur aucun fondement tangible. En pleine dérision, ils dégainent une autre cartouche mouillée, celle d’une lettre de «
protestation » de rage ultime que les commentaires électroniques couvraient de ridicule.

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Saoudi El Amalki